
Comme le préconise le rapport du COJ et du CNPE de 2023, verser systématiquement aux jeunes majeurs protégés sans soutien familial une allocation mensuelle financée par l’État.
Constat
Le pécule, même bien restitué, reste une aide ponctuelle insuffisante pour couvrir les besoins durables d’un jeune sortant de l’ASE sans soutien familial. Face à la précarité immédiate (logement, alimentation, transport), la logique actuelle de contrats conditionnels ou de dispositifs de droit commun inadaptés laisse trop de jeunes majeurs sans ressources régulières, compromettant leur stabilité et leur projet d’autonomie.
La proposition
La recommandation 82 préconise la création d’une allocation mensuelle systématique, financée par l’État et versée sans condition de ressources à tous les jeunes majeurs protégés sans soutien familial. Ce « socle » financier, au moins équivalent au Contrat d’Engagement Jeune, vise à sécuriser le quotidien et à permettre une insertion progressive, en complément des aides départementales spécifiques.
Où en est-on ?
Depuis le 1er avril 2025, le pilotage national de ces enjeux a été stabilisé par la création du haut-commissariat à l’enfance, dont la mission inclut l'accompagnement des politiques à l'égard des jeunes en transition. Le 6 février 2026, le collectif « Cause Majeur ! » a publié une enquête montrant que l'accompagnement s'arrête en moyenne à 19 ans et 9 mois, révélant que l'information sur le droit aux 21 ans ne suffit pas sans moyens financiers adaptés. Le 11 février 2026, une analyse du Media Social a souligné la persistance des « sorties sèches » quatre ans après la loi Taquet. Plus récemment, le 24 mars 2026, la ministre Stéphanie Rist a confirmé qu'un nouveau projet de loi élargi sera présenté à la mi-mai 2026 pour traiter ces failles de protection. Le 25 mars 2026, les députées Isabelle Santiago et Perrine Goulet ont dénoncé l'immobilisme gouvernemental face à la précarité de ces jeunes majeurs
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Exemples
La plateforme numérique « B-ASE » développée par la CNAPE constitue un modèle de centralisation des outils pour guider les jeunes vers leurs droits. Un autre exemple inspirant réside dans l'application québécoise « Outils pour l’autonomie », qui propose une cartographie interactive des ressources et des démarches administratives pour les sortants du système. Au niveau départemental, le dispositif « REAJI » du Val-de-Marne intègre un volet d'accompagnement social spécifique où l'information sur les droits est partagée entre pairs. En Seine-Saint-Denis, le programme « Boost’études » sécurise l'information et le financement des cursus longs jusqu'à vingt-cinq ans, brisant ainsi le plafond de verre des formations courtes par défaut
Âges concernés
Échelons d’action
Pour aller plus loin
- Recommandation n°82, p. 332 — Rapport de la commission d’enquête sur la protection de l’enfance (Assemblée nationale, 2025)
- Santiago, I. (2025). Rapport de la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance (Tome I, N° 1200). Assemblée nationale. Enfance & Jeunesse Infos. (2026, 25 mars). Protection de l'enfance : les députées Perrine Goulet et Isabelle Santiago confrontent le gouvernement à ses failles. Le Media Social. (2026, 24 mars). Protection de l'enfance : "Il y aura bien un texte", assure Stéphanie Rist. Enfance & Jeunesse Infos. (2026, 24 mars). « Protéger les enfants au sens large » : un projet de loi élargi au-delà de l'ASE présenté mi-mai. Le Media Social. (2026, 11 février). 4 ans après la loi Taquet, où en est-on de l'accompagnement des jeunes majeurs ? (Vidéo). Enfance & Jeunesse Infos. (2026, 19 mars). Le projet européen CO.A.ST : sécuriser enfin le passage à l'âge adulte des mineurs non accompagnés



