
Accompagner les jeunes majeurs protégés jusqu’à l’âge de vingt‑cinq ans, en sortant d’une logique de contractualisation – et en cessant d’utiliser le terme de « contrat jeune majeur » – pour construire un soutien adapté à son degré d’autonomie, dans une logique de suppléance parentale.
Constat
Malgré la loi, de nombreux jeunes sortent brutalement de l’ASE à 18 ans, sans logement ni ressources, car l’accompagnement actuel repose sur des « contrats » renouvelables et conditionnels. Cette logique de mise à l’épreuve, souvent limitée à quelques mois, contraint les jeunes à des choix par défaut et ne respecte pas le principe de suppléance parentale, laissant 45 % des sans-abri de 18-25 ans issus de la protection de l’enfance.
La proposition
La recommandation 77 préconise de remplacer le « contrat jeune majeur » par un accompagnement inconditionnel et automatique jusqu’à 25 ans. Il s’agit de garantir un soutien adapté aux besoins réels (logement, formation, santé) sans exigence de contrepartie, alignant ainsi l’action publique sur l’âge moyen d’autonomie des jeunes Français. Cette approche vise à sécuriser les parcours et à permettre à chacun de construire une vie choisie, et non subie.
Où en est-on ?
Depuis le début de l'année 2025, la pression s'est accentuée pour transformer ces principes en droits opposables. Un Haut-commissariat à l’enfance a été institué le 10 février 2025 pour coordonner ces politiques transversales et garantir une stabilité au-delà des changements ministériels. Le 24 mars 2026, la ministre des Familles Stéphanie Rist a confirmé qu’un nouveau projet de loi élargi sera présenté à la mi-mai 2026 pour traiter les failles structurelles de l'ASE, incluant spécifiquement le passage à l'âge adulte. Parallèlement, le Parlement reste vigilant : les députées Isabelle Santiago et Perrine Goulet ont interpellé le Gouvernement en mars 2026 sur l'immobilisme face à la détresse des jeunes majeurs quittant le dispositif sans solution.
Exemples
Le département de Meurthe-et-Moselle fait figure de pionnier en permettant déjà la reconduction des soutiens jusqu'à vingt-cinq ans et en installant une commission départementale d'accès à l'autonomie associant tous les services de l'État. En Seine-Saint-Denis, le dispositif Boost’études accompagne financièrement les jeunes majeurs engagés dans des cursus longs pour briser le plafond de verre des filières courtes. Le réseau des Toulines, porté par les Apprentis d'Auteuil, démontre quant à lui qu'un investissement relationnel après la sortie du système permet de réaliser des économies d'argent public en évitant les ruptures de parcours et les hospitalisations d'urgence. Enfin, le programme REAJI dans le Val-de-Marne intègre un volet santé spécifique pour que le jeune conserve son réseau de soignants une fois devenu autonome.
Âges concernés
Échelons d’action
Pour aller plus loin
- Recommandation n°77, p. 327 — Rapport de la commission d’enquête sur la protection de l’enfance (Assemblée nationale, 2025)
- Assemblée nationale. (2025). Rapport de la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance (Tome I, N° 1200). Assemblée nationale
- COJ & CNPE. (2023, 23 juin). Laissez-nous réaliser nos rêves ! L’insertion sociale et professionnelle des jeunes sortant des dispositifs de protection de l’enfance
- Enfance & Jeunesse Infos. (2026, 25 mars). Protection de l'enfance : les députées Perrine Goulet et Isabelle Santiago confrontent le gouvernement à ses failles
- Le Media Social. (2026, 24 mars). Protection de l'enfance : "Il y aura bien un texte", assure Stéphanie Rist
- Santiago, I. (2024, 27 septembre). Proposition de loi visant à renforcer l’accompagnement des jeunes majeurs vulnérables vers l’autonomie (N° 209). Assemblée nationale



