
Renforcer considérablement les moyens humains et financiers : – de la sous-direction Enfance et famille de la DGCS, et plus spécifiquement du bureau Protection de l’enfance et de l’adolescence ; – des équipes de la DREES chargées de la production et de l’analyse des statistiques relatives à la protection de l’enfance.
Constat
L’État ne dispose pas aujourd'hui des ressources nécessaires pour assurer son rôle de pilotage et d'impulsion stratégique dans le domaine de la protection de l'enfance. La Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) manque de personnel pour suivre efficacement la mise en œuvre des lois tandis que la Direction de la recherche des études de l'évaluation et des statistiques (DREES) peine à produire des données consolidées à cause d'un manque de moyens humains. Cette situation de pénurie empêche une vision claire de la réalité du terrain et fragilise la capacité des pouvoirs publics à anticiper les besoins des enfants protégés ou à évaluer les politiques menées.
La proposition
Il est impératif d'augmenter massivement les effectifs et les budgets alloués aux administrations centrales qui encadrent la protection de l'enfance afin de restaurer une capacité organisationnelle réelle. Ce renforcement doit permettre au bureau de la protection de l'enfance de mieux coordonner les actions interministérielles et d'assurer une présence technique plus forte auprès des acteurs locaux. En parallèle l'accroissement des moyens de la DREES vise à fiabiliser les remontées statistiques et à moderniser les outils d'analyse pour que chaque décision publique s'appuie enfin sur une connaissance précise et partagée des parcours des enfants.
Où en est-on ?
Depuis le 1er avril 2025, le climat politique est marqué par une pression parlementaire accrue pour transformer ces besoins en actes budgétaires concrets. Le 24 mars 2026, la ministre Stéphanie Rist a confirmé qu’un nouveau projet de loi élargi, incluant des volets sur la gouvernance et le renforcement des moyens de l'État, sera présenté mi-mai 2026. Cependant, le GIP France Enfance Protégée signale un déficit structurel de 2 millions d’euros pour 2025, ce qui menace directement ses missions de centralisation des données statistiques. Parallèlement, les députées Isabelle Santiago et Perrine Goulet ont interpellé le Gouvernement en mars 2026 pour dénoncer l'inertie persistante de l'exécutif face aux failles de sécurité des mineurs protégés malgré les alertes répétées.
Exemples
L'échec du dispositif Olinpe illustre parfaitement ce manque de moyens : bien qu'inscrit dans la loi depuis près de vingt ans, il ne produit toujours pas de résultats nationaux complets faute d'un pôle statistique suffisamment étoffé, qui n'a compté qu'un seul équivalent temps plein jusqu'à l'été 2023. Un autre exemple frappant est le report forcé de l'enquête nationale ES-PE en raison de postes de chargés d'études non pourvus à la DREES fin 2024 pour raisons budgétaires, illustrant l'incapacité de l'État à documenter les conditions réelles d'accueil. En préfecture, le temps dédié à la protection de l’enfance est parfois limité à seulement 0,5 équivalent temps plein, rendant tout contrôle sérieux de la conformité des décisions départementales impossible. Enfin, l'annulation de 20 millions d'euros sur les crédits de la stratégie enfance en février 2024 montre comment ce secteur demeure une variable d'ajustement budgétaire prioritaire pour l'administration centrale.
Âges concernés
Échelons d’action
Pour aller plus loin
- Recommandation n°8, p. 122 — Rapport de la commission d’enquête sur la protection de l’enfance (Assemblée nationale, 2025)
- DREES. (2024). L’aide sociale à l’enfance – Édition 2024. Les dossiers de la DREES, n° 119. Enfance & Jeunesse Infos. (2026, 25 mars). Protection de l'enfance : les députées Perrine Goulet et Isabelle Santiago confrontent le gouvernement à ses failles. Le Media Social. (2026, 24 mars). Protection de l'enfance : "Il y aura bien un texte", assure Stéphanie Rist. Santiago, I. (2025). Rapport de la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance (Tome I, N° 1200). Assemblée nationale



