
Harmoniser par le haut les montants des rémunérations perçues par les assistants familiaux.
Constat
La profession d’assistant familial traverse une crise majeure, marquée par le vieillissement des effectifs et une fuite des vocations, aggravée par de fortes disparités territoriales de salaires et d’indemnités. Selon le statut de l’employeur (département ou association) et le lieu d’exercice, les rémunérations et les primes varient considérablement, créant un sentiment d’injustice et précarisant des professionnels qui assurent pourtant l’accueil principal des enfants protégés.
La proposition
La recommandation 90 exige une harmonisation « par le haut » des grilles de rémunération et des indemnités d’entretien sur l’ensemble du territoire. L’objectif est de garantir un revenu décent et uniforme, quel que soit l’employeur, pour revaloriser ce métier essentiel, sécuriser les parcours professionnels et enrayer la pénurie de places d’accueil familial, mode de prise en charge privilégié pour le développement de l’enfant.
Où en est-on ?
La dynamique de professionnalisation s'est accélérée avec la publication, le 4 juin 2024, d'un arrêté actant la certification du diplôme d’État d’assistant familial (DEAF) en blocs de compétences. Toutefois, la réforme globale du métier reste en suspens : un projet de décret visant à porter la formation initiale de 300 à 540 heures et à rendre le diplôme obligatoire pour exercer suscite des débats, certains craignant qu'une exigence trop scolaire ne décourage les candidats. Sur le plan législatif, le 24 mars 2026, la ministre Stéphanie Rist a annoncé un projet de loi de refondation pour la mi-mai 2026, qui inclura un volet sur l'attractivité des métiers et la modernisation du statut des assistants familiaux. Par ailleurs, le décret du 3 mars 2025 a durci les conditions de délivrance d'un nouvel agrément après un retrait pour violences, renforçant ainsi la sécurité des accueils.
Exemples
Le département de la Gironde fait figure de territoire préfigurateur avec son schéma 2025-2029 : il a déjà engagé une revalorisation des salaires de ses assistants familiaux et expérimente le cumul d’emploi sous conditions pour diversifier les profils. La Gironde a également mis en place un « relais familial » pour offrir des solutions de répit et lutter contre l'épuisement professionnel. À l'inverse, l'absence d'une base nationale des agréments (toujours inexistante début 2025 malgré la loi Taquet) est dénoncée comme une faille de qualité majeure, car elle ne permet pas encore d'empêcher un assistant ayant subi un retrait d'agrément dans un département de postuler dans un autre.
Âges concernés
Échelons d’action
Pour aller plus loin
- Recommandation n°90, p. 351 — Rapport de la commission d’enquête sur la protection de l’enfance (Assemblée nationale, 2025)
- Enfance & Jeunesse Infos. (2026, 25 mars). Protection de l'enfance : les députées Perrine Goulet et Isabelle Santiago confrontent le gouvernement à ses failles. Le Media Social. (2026, 24 mars). Protection de l'enfance : "Il y aura bien un texte", assure Stéphanie Rist. Enfance & Jeunesse Infos. (2026, 24 mars). « Protéger les enfants au sens large » : un projet de loi élargi au-delà de l'ASE présenté mi-mai. Département de la Gironde. (2026, mars). Schéma départemental de prévention et protection de l'enfance 2025 - 2029. Haut Conseil du Travail Social. (2025, décembre). Repères éthiques et références déontologiques en travail social



